5 autres sites suédois des 15 inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO (partie 3)

Au cours des dernières semaines, nous avons décrit les 15 sites de Suède inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et pouvons en conclure que chacun vaut le déplacement.

L’inscription d’un site au patrimoine mondial de l’UNESCO est d’une grande importance pour les régions, notamment en tant qu’attraction touristique. Mais cela implique aussi l’obligation de protéger le site du patrimoine mondial et de le préserver pour les générations futures.

Les cinq derniers sites suédois du patrimoine mondial de notre série en trois parties sont aussi fascinants qu’uniques.

1. Höga Kusten – la Haute Côte et l’archipel de Kvarken
«10 000 ans de rebond – 10 000 ans de nouvelles perspectives» tel est le slogan pour le site du patrimoine mondial de l’UNESCO dans le nord de la Suède. C’est probablement le seul site du patrimoine mondial qui s’agrandit de lui-même. Et ce, chaque année d’environ 10 millimètres. À «Höga Kusten», la «Haute Côte» en français, le relèvement est de l’ordre de 285 mètres ces dix mille dernières années. La raison: durant la période glaciaire, une couche de glace de trois kilomètres d’épaisseur enfonçait la croûte terrestre dans le manteau. Le mouvement inverse a débuté après la fonte de la glace au cours des dix mille dernières années. Et il se poursuivra probablement pendant quelques millénaires encore. Le paysage côtier en pleine expansion se situe entre Härnösand et Örnsköldsvik. Härnösand est d’ailleurs la ville estivale la plus populaire du nord de la Suède: l’équitation, l’escalade, la natation, la voile, le golf, le kayak et bien d’autres activités font partie des sports d’été proposés dans la région côtière de Höga. Petit conseil pour les fans de voitures: le plus grand musée automobile de Suède se trouve à Härnösand.

© Wikipedia, Wouter Breedveld, CC BY-SA 2.0
© Wikipedia, Erik Frohne, CC BY-SA 3.0

2. Le paysage culturel et agricole du sud d’Öland
Öland, la quatrième plus grande île de la mer Baltique, est habitée et dédiée à l’agriculture depuis au moins 5000 ans. En témoignent les plus de 13 000 sites archéologiques qui ont donné à Öland le nom d’«île aux monuments de pierre». Ils fournissent des informations sur la vie à l’âge de pierre, de bronze et de fer, mais aussi sur l’agriculture au cours des derniers millénaires. Il y a beaucoup à découvrir dans ce paysage agricole très ancien: des monuments funéraires datant de l’âge de pierre, des collines de tombes de l’âge de bronze, des refuges, des fondations de maisons et des cimetières datant de l’âge de fer. DLa Commission a justifié comme suit le fait que le sud d’Öland, soit environ un tiers de l’île, est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000: «Le paysage contemporain du sud d’Öland est autant marqué par sa longue histoire culturelle que par des caractéristiques géologiques et topographiques. Le paysage agricole (odlingslandskap) du sud d’Öland est un exemple unique de la manière dont l’homme a su tirer le meilleur parti de la diversité du paysage.»

© Wikipedia, Hstad, CC BY-SA 3.0

3. Paysage industriel historique de Falun et région minière de Kopparbergslagen (2001)
En fait, la couleur rouge des maisons suédoises aurait pu être ajoutée à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Car le célèbre rouge qui orne la façade d’innombrables maisons suédoises, provient également du paysage industriel historique de Falun. Le rouge de Falun – en suédois « Faluröd ou « Falu rödfärg – » vient de Falun, où l’on a extrait du cuivre depuis le 9e siècle. Depuis 1616, on extrayait des scories un minerai contenant du cuivre, qui, sous forme de mélange de pigments, a servi de base à cette couleur si typique. Cette peinture est non seulement esthétique, mais protège également le bois contre les champignons et la dégradation. Le centre du site, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001, est la mine de cuivre accessible à pied. Sont également sous protection les cités ouvrières avec leurs minuscules maisons de mineurs et les manoirs de campagne habités par les exploitants de la mine. Ensemble, ils forment un paysage industriel unique qui s’étend dans un rayon de 20 kilomètres autour de l’ancienne métropole du cuivre de Falun.

© Wikipedia, Lapplaender, CC BY-SA 2.0

4. Station radio Grimeton SAQ Varberg
C’est l’ingénieur électricien suédois Ernst Fredrik Werner Alexanderson qui, avec son alternateur Alexanderson, a inventé le premier émetteur à ondes longues au monde. Et c’est avec cet appareil qu’en 1906, la veille de Noël, le pionnier de la radio Reginald Fessenden a diffusé la première émission radiophonique mondiale. Aujourd’hui, l’émetteur à ondes longues Grimeton près de Varberg, ouvert en 1925, commémore cette réalisation pionnière. Quelle en est la particularité? C’est le seul émetteur mécanique au monde encore en état de marche qui génère mécaniquement une fréquence (17,2 kHz) pouvant couvrir des distances extrêmement grandes. À l’origine, l’émetteur était utilisé pour la communication entre Grimeton Radio et Radio Central à Long Island, aux États-Unis. Après la Seconde Guerre mondiale, les militaires suédois l’ont utilisé principalement pour communiquer avec leurs sous-marins, car les ondes électromagnétiques de cette gamme de fréquences peuvent pénétrer à quelques mètres de profondeur dans l’eau salée. L’installation a été fermée en 1995 – depuis 2004, elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

© Wikipedia, Gunther Tschuch, CC BY-SA 2.5

5. La méridienne russo-scandinave – Arc géodésique de Struve (2005)
L’arc de Struve, inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 2005, est un réseau de points de triangulation qui a apporté une contribution significative à la précision de la géodésie au 19e siècle. L’arc de Struve est le premier instrument scientifique inscrit sur la liste du patrimoine mondial. La méridienne russo-scandinave s’étend sur 2821 kilomètres et traverse dix pays. Le réseau de points de triangulation doit son nom à Friedrich Georg Wilhelm von Struve (1793-1864). Avec l’officier russe Carl F. Tenner (1783–1859), l’astronome a construit les points de mesure de la méridienne entre 1816 et 1855. 34 points de mesure ont été ajoutés à la liste des sites du patrimoine mondial par le World Heritage Committee de l’UNESCO.

Friedrich_Georg-Wilhelm_von_Struve

© Wikipedia, Badock, CC BY-SA 3.0

Photo de couverture: L’usine de pigments de Falun © Wikipedia, Holger Ellgaard, CC BY-SA 3.0